Le conseil lecture du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour une fin de semaine à se balader dans Liège avec
Le passager d’Amercoeur (Armel Job)
Liège, 1988.
Depuis l’enfance, le narrateur était l’ami de Maurice Modave, dit « Momo ». Ils étaient dans la même classe, allaient chez les scouts ensemble, faisaient les mêmes rêves. Sauf que Momo, le fils de la très belle Céleste et d’Armand, était un enfant adopté. Mais à cet âge-là, ça ne compte vraiment, n’est-ce pas? Puis au début de l’âge adulte, ils se sont éloignés. Momo est devenu une gloire du football local au club de Forville et, avec l’argent que lui a légué son père, le propiétaire d’un luxueux magasin de chaussures dans une des plus belles rues de Liège. Il a même acheté la magnifique villa Métis, après le suicide de la propriétaire précédente dont, dit-on, il avait été l’amant.

Personne n’a compris pourquoi il a alors épousé Grâce, la bien mal nommée, la disgracieuse justement. Pour tenir sa mère à distance? Cette mère fusionnelle aux comportements quasiment incestueux? L’envahissante Céleste qui tente encore de le contrôler malgré les années? Pour se sentir choyé, encore?
Quand le corps de Grâce est retrouvé aux pieds de la falaise où est perchée la ville Métis, tout le monde conclut rapidement au suicide. Mais c’est compter sans l’obstination de l’adjudant Guillaume et du professeur Dumont, qui ont flairé des choses mystérieuses autour de cette mort soudaine.
A la façon d’un Palais des glaces, cette attraction foraine où la réalité se déforme et se reflète dans un labyrinthe de miroirs nous faisant perdre l’orientation et tout repère spatial, Armel Job nous montre la réalité sous toutes sortes d’angles et de regards, construisant ainsi à petites touches l’histoire et le portrait d’un homme, avant de les déformer aussitôt par un changement de point de vue. Le lecteur est piégé. Et comme il est séduit par l’art consommé d’une écriture à la beauté classique mais qui n’exclut pas l’humour et les références à la région où se déroule l’intrigue, il ne peut se résoudre à refermer le livre. Il veut savoir. Job confirme, si besoin était: il est bien le maître des romans psychologiques noirs à la belge, dans la veine simenonienne. (CD)
Le passager d’Amercoeur. Armel Job. Robert Laffont, 2024.
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