Le conseil lecture du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour trouver refuge sous
Les saules (Mathilde Beaussault)
Marguerite ne parle presque jamais . Mais elle ne ment pas.
Marguerite est intelligente . Mais personne ne s’en rend compte et tout le monde la traite comme une demeurée.
Marguerite pue, elle porte les mêmes vêtements et ses cheveux sont emmêlés. Mais Victor est son ami, malgré tout.
Marguerite se fait harceler à l’école mais elle sait qu’après la classe, elle ira s’asseoir sous les saules, son coin favori près de la rivière, avec le chien, pelé et crasseux comme elle.

Le soir où Marie est assassinée, sous les saules, Marguerite a vu. Mais elle ne dit rien parce qu’elle ne parle presque jamais
L’enquête démarre. Et patine. Ici, dans ce hameau breton, sur ces terres d’agriculteurs, on ne se confie pas. On reste enfermé dans sa souffrance et ses doutes. Personne ne veut vraiment parler à Arlette et André chargés de l’enquête . Et aussi longtemps que Marguerite se tait…
Avec Les saules, Mathilde Beaussault réussit un beau premier roman dans la lignée de ceux de Louise Mey. Elle parvient à rendre une ambiance étouffante, destructrice, irrespirable, comme on en trouve dans ces familles du terroir où le non-dit est de rigueur. L’intrigue se développe de manière très originale puisque le lecteur assiste, comme un voyeur, aux interrogatoires, travaillés, selon les protagonistes, dans un registre différent, une langue, une sémantique, des tournures qui, mieux que de longues descriptions, rendent une atmosphère et un milieu. On souffre avec Marguerite du manque d’amour et du silence. Une vraie belle réussite littéraire.(CD)
Les saules. Mathilde Beaussault . Seuil Cadre noir. 2025.
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