Le conseil lecture: Le Crépuscule de la veuve blanche

Le conseil lecture  du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour suivre

Le Crépuscule de la veuve blanche (Cyril Carrère)

Au Japon, il existe une étrange pratique qui permet à celle ou celui qui le souhaite de disparaitre. De s’évaporer littéralement. Pour toutes sortes de raisons, pour une dette impossible à rembourser, pour une déception, pour fuir quelqu’un, ou tout simplement par épuisement, pour échapper à une vie devenue insupportable. Dans l’indifférence policière absolue. Un réseau bien organisé permet de devenir quelqu’un d’autre à tout jamais. Ou pas. Par exemple, Yuta Komano, lui, a décidé de réapparaître après plus de dix ans à la mort de son père, pour toucher sa part d’héritage, ce que lui refuse évidemment la famille. Pour prouver son identité il doit avoir recours à Total Life Support l’agence de détective que dirige Junichi Kudo.

Quand Zacharie Fortier, alias Genji, un blogueur franco-japonais, dont les podcasts sur les affaires criminelles sont très écoutés, revient sur une affaire vieille de près de vingt-cinq ans – les crimes de la veuve blanche – en laissant entendre que celle-ci ne serait pas morte comme on le croyait et aurait fait d’autres victimes au fil du temps, les choses bougent. D’abord, parce que la fiancée de Junichi a été assassinée par la veuve blanche et qu’il décide alors de partir à sa recherche, en s’évaporant lui aussi. Ensuite parce que le Capitaine Hayato Ishida et sa coéquipière Noémie Legrand, de la Cellule Sakura de la police de Tokyo, ne peuvent pas laisser cette affaire en suspens. Ils doivent la résoudre et la conclure enfin.

La veuve blanche se serait-elle évaporée? Et où serait-elle aujourd’hui? Comment aurait-elle échappé aux radars? Par quels réseaux? Pourquoi aurait-elle tué à nouveau? Etait-elle seule? Autant de questions auxquelles Ishida brûle de répondre puisque sa propre soeur s’est évaporée, elle aussi.

Après La Colère d’Izanagi, où l’on découvrait Ishida et Noémie, Cyril Carrère nous livre à nouveau un roman d’une originalité plus surprenante encore. Au-delà de l’histoire passionnante de cette veuve blanche évaporée, il nous plonge dans un Japon que l’on n’imagine même pas vu d’ici, bien loin des lieux communs et des images d’Epinal façon geishas, cérémonie du thé ou même Yakuza et cadres épuisés. En croisant les histoires passées et présentes, il nous montre aussi que certaines pratiques sociales survivent aux transformations et que, sur une île s’étendant sur plus de 3000km, il n’est pas besoin de franchir de frontière pour disparaître. Mais il approche aussi l’intime dans la souffrance que vit la personne évaporée autant que son entourage déconcerté par l’abandon. Quand le roman d’enquête devient l’occasion d’appréhender une réalité inimaginable. (CD)

Le Crépuscule de la veuve blanche . Cyril Carrère . Denoël, Sueurs Froides, 2025.

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Texte garanti sans IA!

Publié par Nuit blanche du Noir

Festival des littératures de Mons (Belgique)

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