Le conseil lecture du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour fouiller dans les
Dead Drop (La Gale)
A Lausanne, Raïzo, la trentaine bien entamée, mène une vie de routine qu’elle qualifie elle-même de « millimétrée ». Après la promenade matinale avec son chien Amon, à 9h15 tapantes elle frappe à la porte de madame Adia, sa première patronne, lui fait ses courses puis regagne l’immeuble qu’elle occupe (illégalement ) avec d’autres personnes hautes en couleur, et à 10h15, quand les lampes LED s’éteignent, elle procède minutieusement (on vous a dit millimétrée, la routine) à l’arrosage de ses 24 plants de cannabis, prépare ses petits paquets (jolis) , part déposer les colis dans des dead drop, ces cachettes qu’elle a organisées dans toute la ville et où ses clients récupèrent la marchandise avant de la payer, en bitcoins évidemment. Du coup, Raïzo est sereine et à l’abri du besoin.

Mais ce jeudi-là, au moment de vérifier le paiement d’un nouveau client, elle réalise que l’équivalent de 2 bitcoins a été indûment versé sur son compte. Ça fait beaucoup, même en francs suisses. Aussi, quand un fichier image inconnu apparaît sur son ordi, elle flaire le danger d’un virus et elle ne se résout à l’ouvrir que lorsque son ami d’enfance, Mathias, hacker de haut vol, est à ses côtés. Les deux amis, poussés par leur curiosité, n’imaginent même pas à quel point leur vie va être bouleversée, d’un simple clic sur ce fichier. Car derrière la banale photo de Lausanne, se cache un lien vers le darkweb. Et une organisation qui surveille Raïzo et ses amis depuis des années. Alors, le pire devient possible…
Préparez-vous. Une main à couper que vous ne réussirez pas à lâcher ce roman une minute si vous lisez la première phrase. Tout y est. Les personnages attachants ou révoltants, la cryptomonnaie, le réseau qui vous piège ou vous aide, les messages à décoder, les rencontres surprenantes, les aventures qui raniment des vies en train de ronronner… Le tout sur un rythme trépidant où les aventures s’enchainent avec une intensité croissante, avant de ramener Raïzo vers elle-même dans une quête de sens inattendue. La belle écriture, très contemporaine, est jubilatoire. Ajoutez à cela, une critique acerbe de la façon dont le système suisse traite certains de ses enfants sans parents, et le mode de vengeance qui le surprend de l’intérieur, et vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas lire Dread Drop, un premier roman dont on espère qu’il annonce une suite. (CD)
La Gale sera en rencontre le dimanche 29 mars à 12h à la Foire du livre de Bruxelles
Dead Drop. La Gale. Éditions La Veilleuse. 2025.
Vous trouverez ce livre chez votre libraire habituel, évidemment ! Sinon, commandez Dead Drop sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.
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