Le conseil lecture du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour oser défier
H (Bernard Minier)
Servaz vit des moments difficiles. Il se sent mal… Coupable de la mort de son adjoint. Jaloux de l’épisode africain vécu par sa compagne. Terriblement inquiet pour Gustav, car Julian Hirtmann s’est évadé. Déstabilisé parce que placé sous protection et installé dans une maison isolée. Et pour couronner le tout, momentanément écarté du boulot !

Bientôt l’angoisse gagne toute la région : Julian Hirtmann est aperçu partout et les meurtres et les disparitions se succèdent. Qui d’autre que le plus grand prédateur de ces dernières années pourrait avoir commis ces actes innommables ?
Servaz commence à enquêter malgré tout, quand il est contacté par Emmanuel Sachs, un écrivain de renom, parent d’une victime d’Hirtmann, qui prétend l’aider en lui fournissant des informations sur la présence du tueur à Toulouse. En réalité, Sachs gère un groupe de « cyber enquêteurs amateurs » qui pratiquent le « web sleuthing » et ratissent large le web pour pêcher des données. De son côté, Esther Kopelman, une journaliste de « La Garonne » reprend l’enquête menée sur la présence d’Hirtmann, par son confrère assassiné. Et Damien Dix, cynique animateur télé en quête d’audience, se propose d’inviter Hirtmann dans son « talk-show le plus regardé de France » ! Tout le monde se lance dans la traque du tueur avec plus ou moins de rigueur. C’est la victoire absolue des dérives du web et du true crime.
Servaz, son équipe et leurs techniques classiques d’enquête, vont-il pouvoir se mesurer à cette nouvelle génération de pseudo enquêteurs dont les méthodes sont plus que contestables ?
Dans cette nouvelle enquête de Servaz, il y a comme de la nostalgie, du doute face à une époque où chacun tire à hue et à dia pour obtenir de l’audience ou des followers, aux dépens de l’investigation et de la rigueur. Mais, bien sûr, Minier, avec un art désormais consommé, propose un thriller haletant, où les apparences nous bernent pour notre plus grand plaisir, où les twists nous prennent totalement au dépourvu et où, au-delà du plaisir de la lecture, nous nous prenons à réfléchir sur l’état du monde et sa déliquescence. (CD)
A lire, sur le blog, mercredi prochain, l’interview accordée par Bernard Minier au Festival Nuit blanche du Noir
H. Bernard Minier . XO 2025
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