Le conseil lecture en rose : Les roses de la nuit

Février, mois centré sur l’amour, est aussi celui au cours duquel on offre le plus de roses. Alors les quatre  prochains conseils lecture du #festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons vont effeuiller pour vous quelques-unes de ces fleurs sublimes.

Pour commencer, et une fois n’est pas coutume, nous allons revenir sur un conseil que nous vous avions déjà donné il y a quelques années.

Les roses de la nuit (Arnaldur Indridason)

Sorti en 1998 (et traduit seulement en 2019),  Les roses de la nuit raconte un épisode des enquêtes d’Erlendur situé avant La Cité des jarres, autrement dit avant qu’il ne deviennent le personnage légendaire que l’on connait, à un moment charnière de sa vie familiale et de sa carrière. La quarantaine bien entamée, il n’a plus de nouvelles de son ex-femme depuis près de vingt ans et les rapports avec ses enfants, retrouvés récemment, sont toujours tendus: Eva Lind a bien du mal à quitter l’univers de la drogue et Sindri doit être placé en cure de désintoxication pour alcoolisme.

C’est dans cette ambiance qu’Erlendur se retrouve à enquêter sur le meurtre d’une jeune toxico prostituée, Brita, dont le corps a été déposé  aux pieds de la statue qui veille sur la tombe, constamment fleurie, de Jon Sigurdsson, héros de l’indépendance islandaise. Comme Sigurdsson, Brita est originaire des fjords de l’ouest et, avec son adjoint  Sigurdur Oli, Erlendur va donc se rendre dans cette région dont il découvre qu’elle est asphyxiée et dévastée par des businessmen de la capitale qui rachètent les cuotas de pèche. Et si le meurtre de Brita n’était pas un crime crapuleux mais plutôt un moyen de la faire taire? Qu’aurait-elle découvert de si compromettant?

Comme toujours avec Arnaldur, l’intrigue policère s’efface rapidement au profit de l’enquête sociale ou historique. Ici, il met en évidence la situation catastrophique de certaines régions d’Islande à la fin du 20ème siècle, où le chômage et l’émigration intérieure avaient détruit toute possibilité de construire une vie digne. Et il dénonce les forces maffieuses qui, pour le pur profit, sans l’ombre d’une hésitation, ravageaient des régions entières du pays.  Dans ce texte, on découvre une situation qui régnait en Islande avant le grand boom économique du début du 21ème siècle et sa croissance rapide, due à d’importants investissements dans le secteur de l’aluminium et de la construction. Mais ce boom s’est soldé par une faillite bancaire sans précédent lors de la crise mondiale de 2008. Aujourd’hui, l’Islande s’est relevée et est à nouveau florissante. On se demande alors, en refermant le livre, ce qu’il en est désormais des fjords de l’ouest. 25 ans plus tard ! (CD)

Les roses de la nuit. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié , 2019 et Points 2020.

Vous trouverez les romans d’Arlnaldur  Indridason chez votre libraire habituel! Et si ce n’est pas le cas, commandez Les Roses de la nuit  sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.

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Publié par Nuit blanche du Noir

Festival des littératures de Mons (Belgique)

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