Le conseil lecture du #Festivaldepolar Nuit blanche du Noir de #Mons pour ne pas se laisser aveugler par
L’illusion du mal (Piergiorgio Pulixi).
Il fallait bien que sa collègue Eva Croce ait quitté Calgliari pour deux semaines de vacances dans son Irlande natale! Marta Rais se retrouve seule, confrontée à une enquête très délicate. La victime d’un pédophile, récemment relaché par la justice, vient de recevoir un colis pour le moins étonnant: une vingtaine de dents d’adulte, toutes fraîchement arrachées! Seraient-ce les dents de son bourreau, qui a d’ailleurs disparu depuis quelques jours?

Au même moment, à travers toute l’Italie, les téléphones portables vibrent à l’arrivée d’ une vidéo intitulée « La loi, c’est toi ». À l’écran, un homme ligoté (le pédophile disparu et édenté) et un homme masqué – désormais surnommé Le Dentiste par les médias – qui annonce son projet: faire voter en ligne le public sur le sort de son prisonnier, qu’un système judiciaire inefficace et corrompu a laissé impuni. Evidemment, le vote ne fait pas dans la nuance et le corps du pédophile est rapidement retrouvé, après son exécution.
Un nouvel enlèvement, de nouvelles dents , une nouvelle vidéo et un nouvel appel au vote, imposent à Marta et Eva (rentrée d’urgence) d’accepter de travailler avec le criminologue Vito Strega, venu spécialement de Milan pour trouver Le Dentiste. Confrontés à cet ennemi masqué, insaisissable et toujours plus populaire, les trois policiers vont devoir accepter de penser différemment qu’ils ne l’avaient fait dans leurs enquêtes précedentes et à se remettre douloureusement en question à titre personnel.
Dans ce roman puisant, Pulixi se livre à une critique sociale profonde sous les apparences d’une intrigue policière captivante. Car l’affaire du Dentiste, ancrée dans l’actualité italienne, dévoile une justice anesthésiée par le manque de moyens, la corruption, les influences politiques de tous bords. Et à cette incurie s’ajoute l’influence désastreuse des réseaux sociaux. Voilà une vision particulièrement noire et inquiétante d’un pays européen, donc proche, dont les faillites du système se révèlent, à ce titre, doublement inquiétantes.
L’illusion du mal. Piergiorgio Pulixi. Gallmeister Totem, 2023. Traduit de l’italien par Anatole Pons Reumaux.
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