Le conseil lecture de Nuit blanche du Noir, le Festival des écritures noires de #Mons parce que
La musique adoucit les morts (Hugo Paviot)
Un Meloman mélomane
Mélo, quel drôle de nom pour un commissaire de police. Evidemment quand on s’appelle Ambroise Lecendre, on n’est pas mécontent de ce surnom qui vous ressemble si bien. Car Mélo (de mélomane, évidemment, ou de Méloman, le super héros de la police de Clermont Ferrand) adore la musique, ne rate presque aucun concert et joue même du violoncelle d’une façon tellement honorable qu’elle lui vaut de se produire avec des amis musiciens. En particulier pour interpréter des pièces de Georges Onslow (compositeur français, Clermont-ferrand 1784-1853).

Aujourd’hui, ce n’est pas la musique qui le préoccupe mais plutôt cette affaire qu’il traîne depuis trois ans et qui vient de rebondir. Car, après les meurtres de trois hommes, c’est le cadavre d’une femme qui vient d’être retrouvé sur le site de l’Ecopôle du Val d’Allier. On ne peut vraiment plus parler de coïncidences, même si l’enquête n’a rien donné jusqu’ici. Même si les trois hommes avaient un lien avec l’endroit qui, après avoir été jadis emplacement du château de Georges Onslow lui-même, avait été transformé en une gravière industrielle qui leur avait rapporté beaucoup. Mais cette femme, elle, ne semble rien avoir de commun avec eux…
Trop de pistes
Mélo est confronté dès lors à plusieurs pistes. S’agit-il d’un tueur en série isolé ? Qui tuerait plus ou moins au hasard ? S’agit-il d’actions de revendication du mouvement écologiste Effondrement revirement? Mais pourquoi maintenant alors que la gravière à été depuis belle lurette transformée en réserve naturelle? S’agit-il de tout autre chose, de l’ordre de l’intime, que Mélo n’est pas encore en état de comprendre? D’une revendication, certes, mais dont les motifs lui échappent…
Au fil de son enquête et des années, le monde continue de se livrer à la folie des hommes. La Russie envahit l’Ukraine, Trump revient au pouvoir, les élections en France annoncent une vague brune…
Eloge de la lenteur
Dans ce premier thriller au rythme paisible, Hugo Paviot revient sur les thèmes de prédilection qu’il développe dans ses pièces et ses précédent romans pour nous rappeler que le monde va mal et qu’il est indispensable de prendre son temps afin de le comprendre. Mais aussi que les mots et l’écriture doivent « faire démocratie », comme il le dit lui-même. L’enquête et le décor ne sont donc plus que des prétextes pour que le lecteur, sur les pas de Mélo, entreprenne son propre chemin de réflexion. Et que soudain, au delà de l’intime, apparaisse l’universel. Et l’on se prend alors à penser que ce Mélo, lent et lucide sinon serein, devrait bien devenir un personnage récurrent pour nous accompagner sur la route en ces temps chamboulés. (Christine Defoin)
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La musique adoucit les morts. Hugo Paviot . Editions L’aube Noire, 2026.
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