Conseil polar du vendredi soir

Le conseil lecture du festival Nuit blanche du Noir pour une fin de semaine à se protéger de…

La Confrérie des Louves (Florence Rhodes)

Ecrire un premier roman, c’est comme lâcher un enfant dans le monde adulte sans savoir si on lui a bien donné toutes les armes pour se défendre et tous les conseils pour réussir. Un premier roman, ça classe un écrivain ou ça le dessoude. Lire un premier roman, c’est comme une première fois : un feu d’artifices ou un point noir à extraire de la mémoire. Et lire un premier roman qu’on vous envoie par la poste, c’est pire. Soit vous ne l’ouvrez pas, ce qui vous permet d’éviter d’en dire du mal. Soit vous l’ouvrez et vous prenez un risque car on attend de vous une critique à tout le moins … neutre ! Quand Florence Rhodes a envoyé son premier roman au Festival Nuit blanche du Noir, c’est elle qui prenait un risque. Et d’abord, parce que le titre de son texte aux couleurs fantasy, La confrérie des Louves, n’attirait pas vraiment les fans de polar et de noir qui composent l’équipe du festival Nuit blanche du Noir. Mais, une fois dépassées les réticences initiales, la chroniqueuse qui pensait se coller à une mission rapidement liquidée, s’est laissé happer par un récit complexe, bien construit, mené avec intelligence, remarquablement servi par une écriture élégante et soignée et des références littéraires noires comme on les aime…

C’est pendant que sa femme Denise et ses trois amies d’enfance dînaient entre filles, qu’Edouard Schaeffer s’est fait assassiner dans les cuisines de son restaurant étoilé. Tour à tour, les quatre femmes sont interrogées – et suspectées – par le ténébreux commissaire Abel Hamelin, féru de grammaire et de beau langage, hanté par un tourment personnel, qu’il cache même à sa femme Elise.  Le mort se révèle être un personnage bien plus complexe et malsain qu’on aurait pu le croire. Les quatre amies liées indéfectiblement par un secret de jeunesse donnent l’impression de se couvrir mutuellement. Laquelle serait capable de poser un tel acte ? Ou peut-être est-ce cette amitié elle-même qui a engendré le meurtre ? Vers qui Abel doit-il orienter son enquête, qu’il pense être la dernière et qu’il doit boucler en une semaine ? Il y a du Fred Vargas dans ce roman-là et de l’Agatha Christie dans le twist de fin, intéressant. On peut cependant regretter que, en fin de compte, la morale et le bonheur soient vraiment trop saufs. Un peu de noirceur finale n’aurait fait qu’ajouter au charme de ce premier roman, décidément bien réussi par ailleurs. (CD)

La Confrérie des Louves, Editions du Caïman, 2019.

Florence Rhodes sera en rencontre au Festival Nuit blanche du Noir le dimanche 10 novembre à 21h10 .

 

Cet article est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com

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