Spécial Festival : Le disparu de Herstal

Le conseil Spécial  Festival dixième édition de la Nuit blanche du Noir de #Mons pour tenter de retrouver
Le disparu d’Herstal (Gisèle Eyckmans )

Du fantasme au squelette

Ardales (Andalousie). 1994. Michel Peeters ignore qu’en décrochant le téléphone ce matin-là, sa vie va basculer. Jeune adolescent, il avait suivi sa mère, depuis Herstal, jusque dans ce petit village andalou où ils sont installés depuis une vingtaine d’années et où il est resté, même après le décès de sa mère. Aujourd’hui, il y est guide de montagne et emmène les touristes en randonnée. Mais la sonnerie du téléphone va transformer un vieux fantasme – le retour triomphal d’un père disparu depuis 1966 – en un cauchemar terrible: un squelette correspondant à son père vient d’être retrouvé dans le puits de Paienporte, à côté de l’hôpital de la Citadelle à Liège. Et il semble évident qu’il a été assassiné.

Trompeuses apparences

Comme les ADN correspondent, Michel se voit contraint de faire le voyage vers Herstal pour les funérailles. Là , il retrouve toutes les personnes qui ont fait partie de sa jeunesse: les amies de sa mère, ses collègues de la FN, son tio Nando, sa tia Léonor… Et toutes lui brossent le portrait inattendu d’une mère très engagée dans la grande grève de 1966 à la FN et d’un père violent, abuseur et alcoolique. Comment Michel va-t-il pouvoir accepter cette nouvelle image familiale ? L’urgence d’expliquer le meurtre de son père s’impose à lui. Mais parfois le temps se fait plus épais qu’un mur de Citadelle.

De Herstal à l’Europe

Dans un polar social très documenté et très abouti, Gisèle Eyckmans nous raconte un épisode presque oublié de l’histoire du syndicalisme et du féminisme liégeois et européens au cours duquel, en 1966 (il y a 60 ans!) , des ouvrières de la FN réclamèrent pendant des semaines l’égalité de salaire. En croisant cet épisode avec la situation politique de l’Espagne entre 1970 et 1994, c’est tout un pan de l’histoire de l’Europe qu’elle retrace en filigrane de cette quête personnelle dans laquelle son personnage est lancé. Ajoutez à cela une manière subtile de planter un décor, de saupoudrer les dialogues d’humour ou d’expressions régionales, de brosser des personnages secondaires très attachants, parfois dans leur détresse (qu’est-ce qu’elles boivent les copines!), et vous aurez compris que ce roman qui se lit d’une traite est une vraie réussite . (Christine Defoin)

Le disparu d’Herstal (Gisèle Eyckmans ) Academia.   2026

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Publié par Nuit blanche du Noir

Festival des littératures de Mons (Belgique)

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