François Filleul à l’ULB

François Filleul, prix Fintro 2018 pour son roman Poissons volants, diplômé de l’ULB, est revenu dans son alma mater en auteur confirmé pour animer, à la demande de la professeure Beatriz Calvo Martín, un séminaire sur Les enjeux de la littérature personnelle contemporaine. Cette rencontre placée sous la supervision académique de Robin Lefère – c’est augurer de sa qualité – s’est tenue (en espagnol) devant un public composé d’étudiants du master en communication et du master en langue et littérature. Pendant deux heures, François Filleul a répondu  aux questions de Mme Calvo Martín et de ses étudiants. Il a pu ainsi évoquer l’endroit où il a placé son intrigue, La Línea de la Concepción, cette étonnante et angoissante forteresse devenue ville, dressée devant le rocher de Gibraltar, face au Maroc. Placée, par la force des choses, sur la route de tous les trafics, de tous les méfaits, de tous les excès, dans une sorte d’impunité acceptée. Il y a, donc, du roman social dans Poissons volants car l’amour de l’auteur pour cette région le pousse à vouloir expliquer les raisons de cette forme de déréliction où elle se trouve. Son regard de photographe montre, en noir et blanc, toute l’esthétique ravagée de la ville et sa plume d’écrivain décrit les maux d’un lieu auquel il est attaché malgré (ou à cause de?) sa noirceur.

Filleul dit avoir écrit d’abord pour son propre plaisir, en égoïste, un livre qu’il aurait aimé lire. C’est pourquoi il l’a rempli d’allusions littéraires, culinaires, linguistiques ou musicales (allant jusqu’à nous proposer la play list de son livre sur son blog!). Grâce au Prix Fintro, il n’a pas dû « démarcher » les éditeurs, ce qui est le lot de tous les apprentis auteurs! Mais il n’a pas échappé au travail de « nettoyage »  auquel son éditeur, Xavier Vanvaerenbergh de KER éditions, l’a contraint, afin d’épurer le récit. Exit la plupart des clins d’œil, doubles sens et autres références. Un travail d’humilité qui l’a conduit à penser au lecteur plus qu’à son propre plaisir d’écriture. Ainsi, le point de vue d’un auteur édité change radicalement de celui d’un écrivain en mal d’édition. Aux étudiants (abasourdis), il n’a rien caché des conditions financières concédées à un auteur et a insisté sur l’importance de la formation juridique fournie par la Foire du Livre et Fintro aux cinq finalistes: sans le séminaire dispensé par Maître Frédéric Lejeune, spécialiste du droit d’auteur, il n’aurait pas eu l’idée ni le courage de discuter son contrat comme il l’a fait. Et même si cela semble trivial, c’est indispensable.

Alors, pourquoi Poissons Volants, ce titre étrange qui en a dérouté plus d’un? A La Línea, on vous parlera plutôt des volaores ces poissons ailés qui, en été, « survolent » le détroit de Gibraltar. Dans le port de La Atunara, à La Línea, on les pèche et on les sèche au soleil. C’est grâce à la vente des volaores que des familles entières survivent à La Línea. Si vous voulez connaître le rôle de ces poissons volants dans le roman éponyme de François Filleul, il ne vous reste plus qu’à le lire!

Poissons volants, Ker Editions, 2019.

Ce texte est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com

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