L’enquête, une forme transgenre

« Aborder, en croisant les disciplines et les savoirs, les œuvres et la pensée d’autrefois, les mouvements intellectuels et les pratiques artistiques d’aujourd’hui, les questions prospectives« . C’est ainsi qu’est présenté l’objectif des Colloques de Cerisy organisés dans le cadre accueillant d’un château du XVIIe siècle, classé monument historique, par le Centre culturel international de Cerisy (CCIC). Les Colloques se tiennent de mai à septembre et se caractérisent par la qualité de leurs contenus, leur durée (une semaine) et l’ampleur des discussions qui s’y tiennent. Depuis 1952, des artistes, chercheurs, écrivains, enseignants, étudiants, acteurs socio-économiques, ainsi qu’un large public intéressé par les échanges culturels et scientifiques se réunissent pour débattre. Plus de 700 colloques ont été organisés  et ont donné lieu à la publication de près de 600 ouvrages chez un nombre varié d’éditeurs.

En 2019, pas de moins de 20 colloques sont proposés entre le 13 mai et le 29 septembre. Et du 22 juillet au 29 juillet l’un d’eux intéresse particulièrement le festival Nuit blanche du Noir puisqu’il aura pour thème Raconter l’enquête: une forme pour les récits du XXIème siècle?

On peut lire dans le présentation du colloque proposée sur le site du CCIC que l’imaginaire et la forme de l’enquête semblent imprégner tous les récits d’aujourd’hui et on apprécie l’enquête pour son ambivalence : une structure linéaire et aisément reconnaissable, néanmoins ouverte à la dimension métanarrative, voire aux récits potentiels et aux fausses pistes, quand elle reste inachevée, puisqu’on raconte aussi bien les enquêtes qui n’aboutissent pas. La posture de l’enquêteur semble le dernier avatar héroïque, glissant du détective-lecteur au lecteur-détective, érigeant le détail holmésien ou le soupçon borgésien au rang de modèles méthodologiques, s’inscrivant sans difficulté dans une esthétique de la trace au cœur des préoccupations contemporaines.

Le ton est donné. Il s’agira d’approcher l’enquête comme outil de la narration contemporaine et de montrer à quel point elle est  devenue une forme transgenre des récits d’aujourd’hui puisque l’approche ne se circonscrira pas au genre policier.  L’invitation est lancée: ce colloque mènera une série d’enquêtes sur l’enquête et sera ouvert à tous les lecteurs-détectives, experts ou amateurs.

Parmi toutes ces investigations littéraires ou non, le festival Nuit blanche du Noir veut pointer deux rencontres au cours de laquelle  Maryse Petit* enquêtera sur La dissolution du policier dans les romans de Sandrine Collette, Hervé Le Corre, Frank Bouysse et celle où Pierre Bayard nous donnera une Introduction à la critique policière.

Voilà une semaine à Cerisy à laquelle même le FBI rêverait de participer!

 

*Maryse Petit a co-dirigé deux colloques de Cerisy : La fiction policière aujourd’hui (2007) et Le goût du noir (2013).

Crédit photo CCIC
Centre culturel international de Cerisy
2, Le Château – 50210 Cerisy-la-Salle (France)

Cet article est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com

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