Conseil polar du vendredi soir

Le conseil lecture du Festival Nuit blanche du Noir pour une fin de semaine à se taire parce que…

Je sais que tu sais (Gilly MacMillan)

On retrouve, en 2016, à Bristol, les ossements d’un homme à la faveur de travaux de chantier pour étendre un parking d’une surface commerciale. L’inspecteur John Fletcher est chargé de l’affaire. Il se fait que deux enfants ont été retrouvés assassinés à peu près au même endroit 20 ans plus tôt et c’est dans les bras du même Fletcher que Charlie, un des enfants de 10 ans, est mort en 1996 à côté du cadavre de son ami Scott. Gilly MacMillan balade son lecteur d’une période à l’autre et la présence commune de Fletcher à 20 ans d’intervalle est précieuse pour l’auteure.
En 1996, l’assassinat de Charlie et Scott laisse le troisième gamin du trio d’amis, Cody Swift, dans le désarroi. Il est interrogé mais bien vite, l’inspecteur Smail secondé par Fletcher boucle l’affaire en coffrant et faisant condamner Sid Noyce, un jeune homme un peu attardé, coupable tout désigné. Smail est incompétent et paresseux et c’est Fletcher qui manœuvre en coulisses pour faire avouer le simplet. A cette époque, cela arrange tout le monde que l’affaire soit bouclée si rapidement. La mort d’enfants attise toujours l’intérêt des médias et le lot de rumeurs qui vont avec.

Aujourd’hui, les protagonistes vivants ont deux décennies de plus. Fletcher a grimpé les échelons mais on le retrouve aigri, désabusé et amer. Cody Swift est devenu un petit réalisateur en quête d’activités. Lorsque Sid Noyce se suicide en prison, Cody Swift affirme avoir toujours été convaincu de l’innocence de Sid et décide de mener une enquête sur le meurtre de ses deux jeunes amis 20 ans plus tôt. Il produit alors un podcast qui diffuse régulièrement les avancées de son enquête, « l’heure de vérité».
Cody Swift tente d’interroger toutes les personnes impliquées lors de l’enquête initiale : Smail, Fletcher, la mère de Sid, la mère de Charlie qui vit aujourd’hui une autre vie et voudrait oublier… Chaque diffusion de l’heure de vérité ravive des blessures mal cicatrisées. C’est un bel exemple de la manipulation sur les réseaux sociaux : un peu de voyeurisme, un droit de tout dire quelles que soient les conséquences, des vérités et des contre-vérités, des conflits d’intérêt… Une narration qui alterne les périodes, un classique du polar. Un beau cocktail qui laisse apparaître les aspects les plus vils de bon nombre de personnages de Gilly MacMillan. (AH)

Je sais que tu sais, Gilly Macmillan. 2019. Les escales éditions. Traduit de l’anglais par Séverine Quelet.

Vous pouvez télécharger Je sais que tu sais  sur Librel, le portail numérique des libraires francophones de Belgique. Il vous en coûtera 14,99 euros! Téléchargement immédiat. Et si vous préférez le papier, courez acheter le livre chez votre libraire! C’est encore mieux et il/elle a besoin de vous!
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