Le conseil polar du vendredi soir

Le conseil lecture du Festival Nuit blanche du Noir de Mons pour passer une fin de semaine exotique…

avec la permission de Gandhi (Abir Mukherjee)

Décembre 1921. Calcutta. Dans une étrange fumerie située sous un funérarium, le capitaine Wyndham en est à sa quatrième pipe d’opium, celle qui procure le plaisir après la détente. Soudain une descente de police. Une des jeunes femmes qui veillent sur le confort des clients, le réveille et le pousse vers une sortie secrète. Wyndham se retrouve sur les toits… à côté d’un cadavre aux yeux énucléés soigneusement posés près de lui et la poitrine transpercée d’un couteau.

Les jours suivants, des meurtres similaires se succèdent. Les indépendantistes chercheraient ils à déstabiliser l’empire avant la visite controversée du Prince de Galles ? Les militants pacifistes, menés par un certain Gandhi, utilisent-ils ces morts pour justifier d’envahir la ville comme ils l’annoncent et réclamer le fameux swaraj, l’autonomie ? S’agirait il d’une vengeance de gang? Ou d’un psychopathe,  tueur en série ?

Sam Wyndham et son fidèle sergent Sat Banerjee ont bien du mal à démêler les fils et à poursuivre leur enquête car ils doivent affronter la terrible Section H du renseignement qui leur met des bâtons dans les roues et, apparemment, préfèrerait enterrer ces morts au plus vite et en silence. Quelle chose indicible Wyndham et Banerjee vont-ils découvrir ? Le premier trouvera-t-il les moyens de vaincre son addiction ? L’autre pourra-t-il concilier ses idées politiques et son appartenance à la police de l’empire ?

Mukherjee nous replonge (avec délectation) dans l’Inde des années 20 pour ce 3ème volet des aventures de Sam et Sat. Il utilise, avec autant de poésie, d’humour mais aussi de noirceur que dans L’attaque du Calcutta-Darjeeling et Les princes de Sambalpur (dont nous vous avons dit à quel point nous les aimions),  ce décor étonnant de la ville de Calcultta. Et la période coloniale troublée, pendant laquelle les Anglais ne semblent pas comprendre que les choses changent, que leur monde va bientôt basculer. Le roman amène lentement, sous le prétexte de l’enquête sur ces meurtres horribles, à révéler des pratiques d’un autre âge, celui où le conquérant impérial fantasme encore SON Inde britannique rêvée « nette, ordonnée et, domestiques mis à part, dépourvue d’indigènes » (p.128).  Totale réussite et captivant, ce roman est aussi, plus encore que les précédents, un fourmillement d’humanité.

avec la permission de Gandhi. Abir Mukherjee. 2022. Liana Levi Editions. Traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez Batlle.

Vous trouverez ce livre chez votre libraire habituel, évidemment! Sinon, commandez avec la permission de Gandhi sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.
Ce texte est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com.


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