Le conseil polar du vendredi soir

Je m’appelle Úrsula, j’ai quarante ans, et je suis obèse.

Voilà comment Úrsula López, habitant Montevideo, pourrait se présenter lors de ces réunions des Obèses Anonymes qu’elle abhorre, où elle rencontre d’autres gros qui comme elle, luttent contre leur régime et le regard des autres. Car être gros, ce n’est pas seulement être en surpoids, c’est aussi subir l’humiliation et la torture psychologique constantes. Dès l’école primaire.  Et en famille.

Donc Úrsula vit seule, au cinquième étage (vous imaginez ce qui arrive lors des coupures d’électricité ?), elle est traductrice (métier qui n’impose pas trop de relations humaines), et elle essaye d’exister face à sa sœur Luz qui a, manifestement, réussi sa vie. La preuve ? Luz est maigre et bronzée !

La vie d’Úrsula pourrait ronronner entre ses fringales et ses tocs. Mais, un jour, un inconnu, au téléphone, lui réclame une rançon astronomique pour libérer son mari Santiago Losada, riche industriel qui vient de se faire enlever. Il y a évidemment erreur sur la personne. Très vite, Úrsula découvre que l’épouse de Santiago est son parfait homonyme. Et si, à son tour, la grosse prenait le pouvoir et réclamait le double à l’épouse (bien peu) éplorée qui, d’ailleurs,  ferait bien liquider son mari pour le triple? Et si la grosse frustrée devenait une terrible manipulatrice que l’on craint ?

Le conseil lecture du vendredi soir va vous faire découvrir L’autre femme (Mercedes Rosende), un roman aussi  noir que grinçant, qui vous imposera parfois de rire, à votre corps défendant, devant les déboires d’Úrsula  vivant une vie aussi étriquée que son corps est gros. Avec un réalisme sans fard, Mercedes Rosende aborde toutes les situations, même les plus crues, sans hésiter devant un bourrelet ou pli de graisse. A la Botero. Et on se laisse surprendre parce que, en fin de compte, bien sûr, rien ne se passe jamais comme on l’attendait ! Une belle surprise que ce roman noir uruguayen magistralement traduit de l’espagnol par Marianne Millon.

L’autre femme. Mercedes Rosende. (2022) Quidam éditeur. Traduit de l’espagnol (Uruguay) par Marianne Millon.

Vous trouverez ce livre chez votre libraire habituel, évidemment! Sinon, commandez L’autre femme sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.
Ce texte est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.