Le conseil lecture de Nuit blanche du Noir, le Festival des écritures noires de #Mons pour sentir d’ici
Les bûchers de Calcutta (Abir Mukherjee)
Le retour du karma prodigue
1926. Sam Wyndham se sent très seul. Séparé de sa fiancée, Annie Grant, il n’a plus de nouvelles de son collègue, ami et colocataire, Satyen Banerjee, qu’il a aidé à s’enfuir en Europe pour échapper aux accusations de trahison. Ce qui lui a valu d’être mis au placard depuis trois ans. Aucune affaire importante à résoudre, aucun meurtre a élucider.

Mais, aujourd’hui, son karma semble redevenu favorable. Premier arrivé sur les lieux du crime, c’est lui qui est chargé de retrouver l’assassin de J.P. Mullick, un riche mécène qui a tout mis en œuvre pour que se tourne à Calcutta le premier film indien avec une star britannique. Et comme un bonheur n’arrive pas seul, Satyen est de retour et, le soir, Sam rencontre, non sans émotion, Estelle Morgan, la vedette du film.
Mais rien n’est jamais aussi beau…
Sauf que… Satyen a besoin de lui pour retrouver sa cousine disparue après la mise à sac de son atelier de photographe et l’enquête de Sam s’avère humainement très complexe. Il va lui falloir réveiller son sens de l’analyse pour sortir de ces guêpiers qui sont peut-être très voisins.
Les feux intérieurs du Bengale
Comme à son habitude, Mukherjee nous plonge dans les odeurs, les bruits, les couleurs et cette atmosphère de la région du Bengale que, grâce à lui, nous connaissons bien désormais. Cette période des années 20 où l’Empire britannique des Indes commence à vaciller et où les rapports entre colons et natifs se teintent désormais de séduction autant que d’humiliation et d’oppression. Et où la violence sociale à l’égard des femmes reste de mise. La structure en chapitres alternant les voix de Sam et Satyen, lui permet d’ exposer les faits à travers deux regards et deux points de vue que tout devrait opposer. Et, dans ce contexte historique si exotique, il nous montre comment – toujours et partout – le pouvoir de l’argent permet toutes les dérives et comment, malgré la réussite ou les secrets bien gardés, la question des origines et du métissage peut faire basculer et détruire des vies. Terriblement contemporain, en fait. (Christine Defoin)
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Les bûchers de Calcutta. Abir Mukherjee. Liana Levi, 2026. Traduit de l’anglais par Emmanuelle et Philippe Aronson.
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