Le conseil polar du vendredi soir

Le conseil lecture du vendredi soir pour une fin de semaine à effeuiller…

Les roses de la nuit (Arnaldur Indridason)

La cité des jarres, le premier roman d’Arnaldur traduit en français (sortie 2000, traduction 2004), avait résonné comme un coup de tonnerre islandais  dans le ciel du polar francophone jusque là très influencé par les auteurs espagnols ou latinos. Couvert de prix, il avait été suivi par la Femme en vert (sortie 2001, Les Roses de la nuit - Editions Métailiétraduction 2006), lui aussi primé à de multiples reprises. Ainsi, tout le monde pouvait imaginer que  ces deux romans-là avaient initié les aventures de Erlendur  Sveinsson, le taciturne commissaire hanté par la disparition de son frère. Mais, depuis, Les fils de la poussière ( traduction 2018) nous a révélé que, dès 1997, Erlendur faisait sa première apparition dans les textes d’Indridason. Avec Les roses de la nuit, sorti en 1998 (et traduit seulement en 2019),  on découvre un nouvel épisode des enquêtes d’Erlendur, situé avant la fameuse Cité des jarres, et qui se déroule à un moment clé de sa vie familiale et de sa carrière. La quarantaine bien entamée, il n’a plus de nouvelles de son ex-femme depuis près de vingt ans et les rapports avec ses enfants, retrouvés depuis peu, sont toujours tendus: Eva Lind a bien du mal à quitter l’univers de la drogue et Sindri doit être placé en cure de désintoxication pour alcoolisme. C’est dans cette ambiance qu’Erlendur se retrouve à enquêter sur le meurtre d’une jeune toxico prostituée, Brita, dont le corps a été déposé  aux pieds de la statue qui veille sur la tombe, constamment fleurie, de Jon Sigurdsson, héros de l’indépendance islandaise. Comme Sigurdsson, Brita est originaire des fjords de l’ouest et, avec son adjoint  Sigurdur Oli, Erlendur va donc se rendre dans cette région dont il découvre qu’elle est asphyxiée et dévastée par des businessmen de la capitale qui rachètent les cuotas de pèche. Et si le meurtre de Brita n’était pas un crime crapuleux mais plutôt un moyen de la faire taire? Qu’aurait-elle découvert de si comprommettant?

Comme toujours avec Arnaldur, l’intrigue policère s’efface rapidement au profit de l’enquête sociale ou historique. Ici, il met en évidence la situation catastrophique de certaines régions d’Islande à la fin du 20ème siècle, où le chômage et l’émigration intérieure avaient détruit toute possibilité de construire une vie digne. Et il dénonce les forces maffieuses qui, pour le pur profit, sans l’ombre d’une hésitation, ravageaient des régions entières du pays.  Dans ce texte, on découvre une situation qui régnait en Islande avant le grand boom économique du début du 21ème siècle avec sa croissance rapide, due à d’importants investissements dans le secteur de l’aluminium et de la construction (tiens, tiens)…  Mais ce boom s’est soldé par une faillite bancaire sans précédent lors de la crise mondiale de 2008. On se demande alors, en refermant le livre, ce qu’il en est désormais des fjords de l’ouest. Et on se dit qu’il faudrait relire La muraille de lave! (CD)

  • Les roses de la nuit. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié , 2019 et Points 2020.
  • La Cité des jarres. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié, 2004.
  • La femme en vert. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié, 2006.
  • La muraille de lave. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié, 2013.
  • Les fils de la poussière. Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Eric Boury. Métailié, 2018.

Vous trouverez sans aucun doute les romans d’Arlnaldur  Indridason chez votre libraire habituel! Et si ce n’est pas le cas, commandez Les Roses de la nuit  sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.

Ce texte est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com

 


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