Le conseil polar du vendredi

Le conseil lecture du Festival Nuit blanche du Noir pour passer une fin de semaine à nous jeter dans le vide avec les …

Buveurs de vent (Franck Bouysse)

Les passionné.e.s qui suivent les conseils du Festival Nuit blanche du Noir connaissent l’enthousiasme  que les chroniqueuses manifestent, depuis la sortie de son premier roman, à l’égard de Franck Bouysse. On a déjà évoqué ici, et à maintes reprises, le bonheur de lire cet auteur inclassable. Que ce soit à propos de Plateau, , de Grossir le ciel, de Né d’aucune femme ou d’Oxymort, cette rubrique résonne encore de tous les éloges qui lui ont été adressés. Et ce n’est pas avec Buveurs de vent que cela changera!

Cette fois, Bouysse quitte le plateau qui s’étend à perte de vue pour s’enfoncer dans la vallée encaissée, isolée, sombre et oppressante du Gour noir où les habitants vivent du travail que leur fournit la centrale et le barrage. Depuis trois générations, l’Araignée électrique gère les vies, les cœurs et presque les âmes de la ville atone dont le moindre recoin est soumis à la loi de Joyce, le maître de la lumière. Seuls  les quatre enfants Volny semblent se démarquer de cette inertie ambiante. Mathieu, qui répond à l’appel de la nature et ressent les vibrations de la forêt autant que de la rivière; Marc, parce que les livres l’emmènent bien au-delà de cette vie monotone et morose; Luc, l’enfant simple, qui rêve de trouver le trésor de l’île;  et Mabel, pour qui le sexe et le plaisir constituent la liberté provocatrice. Ces quatre-là auront-ils en eux l’énergie suffisante pour lancer le mouvement qui bouleversera les quotidiens ancestraux, celle-là même qui les poussent à se jeter du pont attachés à leur corde pour se sentir libres, vivants, et boire le vent? Ou faudra-t-il que l’impulsion vienne d’ailleurs?

Il y a de la magie chez  Franck Bouysse, car ouvrir un de ses livres c’est comme revenir à la maison, retrouver les traces anciennes de nos passages antérieurs, reprendre nos vieilles habitudes et nous sentir incroyablement bien. Passé le premier émerveillement, on identifie tous les éléments du plaisir. Le rythme, qui dévoile parfois ses accointances avec la mélopée. Les images et les métaphores qui laissent entrevoir leurs origines poétiques. L’écriture, si personnelle, si belle, si aboutie dans ses déhanchements, sans concession, hors norme à vrai dire, qui nous kidnappe dès la première page et nous transporte dans cette nature indifférente aux hommes, vers des lieux étranges où le pouvoir semble toujours être, en fin de compte, la clé de ce qui pourrait, peut-être, ressembler à une forme étrange et incompréhensible de bonheur factice. Mais d’où le cœur n’est jamais absent. Ni l’honneur. Ni l’amour. (CD)

Buveurs de vent. Franck Bouysse. Albin Michel, 2020.

Prix Jean Giono 2020; Palmarès Les 100 livres de l’année 2020 – Lire-Magazine Littéraire; N°1 du palmarès des Libraires – Livres Hebdo; et bien d’autres!

Les librairies sont toujours ouvertes! Courez donc acheter Buveurs de vent chez votre libraire habituel! Et si vous ne pouvez pas, commandez tous les livres de Franck Bouysse et en particulier Buveurs de vent sur Librel, le site des libraires francophones indépendants de Belgique.

Ce texte est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à inculq@gmail.com


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